Début du premier chapitre : Les snipers

Des ombres menaçantes sont apparues sur les toits, entre les cheminées. Des ombres filiformes, mouvantes, insaisissables, comme un ballet obscur et lointain. On reconnaissait la forme d’une tête, d’un bras, ou l’extrémité dun fusil. Mais personne na jamais discerné une vraie tête, un vrai bras, un vrai fusil. Seules ces satanées ombres éparses se révélaient furtivement, formes arrondies ou brisées, sourdes menaces tapies dans les angles et les recoins, sur les hauteurs des immeubles alentour. Cette absence de discrétion suscitait notre étonnement, en cette journée de plein soleil. Nétaient-ils pas plus rodés ? Était-ce volontaire ? De notoriété publique, le président de la république se déplace souvent au siège social des entreprises modèles, mais rarement au cœur dune zone dhabitations complexe à sécuriser. Toutes les précautions ont-elles été prises et bien prises ?